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Marche ou arrêt pour la politique macroéconomique de la Chine

Les inversions de politique rapides sont normales pour l'économie la plus dynamique du monde, affirme Arnout van Rijn, CIO, Robeco Asia.


Une croissance économique de 8 % est indispensable pour les responsables politiques chinois. Sous ce niveau, le chômage et les troubles sociaux deviennent une menace, en raison des énormes différences de niveau de vie du pays.
Le gouvernement de Pékin s'est fortement inquiété lors de la chute dramatique de l'économie mondiale de la fin 2008. Si le mécanisme vital d'exportation cessait de fonctionner, les 8 % deviendraient inaccessibles. De nombreuses carrières politiques se termineraient alors brusquement.

Les mesures gouvernementales ont été étonnamment efficaces
Leur résultat a été de supprimer toutes les limites afin d'amplifier la demande intérieure pour compenser le déclin prévu des exportations. Et de façon surprenante, cela a fonctionné. Grâce à trois mesures significatives, la machine entraînée de l’intérieur a produit une croissance explosive.
Quelles étaient ces mesures ? Premièrement, Pékin a lancé le plus grand ensemble de mesures de relance jamais vu (4 000 milliards RMB, soit 440 milliards EUR), en visant principalement les infrastructures.
Deuxièmement, les autorités ont demandé aux banques d'accorder des prêts de façon libérale. Ce qu'elles ont fait. Les prêts bancaires ont augmenté de 1 000 milliards EUR en 2009.
Troisièmement, Pékin a su conserver la confiance des consommateurs au moyen de quelques actions ciblées. L'introduction à grande échelle de subventions pour les voitures, les appareils électriques et l'équipement audiovisuel a particulièrement bien fonctionné. Les ventes au détail ont augmenté de plus de 15 % en 2009.

La croissance de la Chine a atteint 8,7 % l'année dernière
Globalement, ces mesures politiques ont eu un succès retentissant. Après une légère baisse au premier trimestre, la Chine a réalisé un taux de croissance de 8,7 % en 2009. Et ceci malgré une baisse des exportations d'au moins 16 %.
Le marché des actions local chinois s'est montré un indicateur efficace, en atteignant son point le plus bas deux semaines avant l'annonce de la première mesure de relance pour plus que doubler avant d'atteindre un pic en août 2009.
« Ce qu'on aura semé, on le moissonnera. » Cela a effectivement été le cas en Chine. Au cours des premiers mois de 2010, les rapports positifs sur l'économie chinoise se sont multipliés. Les profits des entreprises ont augmenté rapidement. Les banques ont également semblé y prendre goût et ont offert des prêts toujours plus nombreux.

Les responsables politiques ont vite mis le holà
Les responsables politiques ont observé avec méfiance que cet argent était de plus en plus absorbé par des projets qui se révélaient insuffisamment profitables et ont décidé d'intervenir. Ces mêmes banques auxquelles on avait dit 18 mois auparavant, d'être plus agressives dans leur acceptation des prêts ont dû alors faire machine arrière.
Un autre effet indésirable de la relance monétaire a été une augmentation de 60 % des prix de l’immobilier dans les grandes villes au cours des deux dernières années. Grâce aux efforts de relance du gouvernement, les Chinois aisés ont pu gagner plus d'argent. Inquiets de la hausse de l'inflation, ils ont décidé que l'immobilier serait l'investissement le plus à l'abri de ses effets.
C'est une spécificité culturelle profondément enracinée en Chine. Toute personne disposant d'argent dans la Chine agricole antique l'utilisait pour acquérir plus de terres. Aujourd'hui, la plupart des Chinois vivent dans les zones urbaines et la terre est aux mains des promoteurs.
Ainsi l'appartement de luxe dans une tour a remplacé la parcelle de terre agricole. L'achat est également une décision d'investissement sérieuse et non une spéculation. (Cher ? À Pékin, un appartement de 90 m² coûte à présent 250 000 EUR ou moins. Il serait difficile de trouver l'équivalent dans des grandes villes telles que Paris ou Lyon.)

Une évolution de la politique pour maîtriser les spéculateurs immobiliers
Les mêmes responsables politiques qui ont lancé leurs mesures de relance deux ans auparavant mettent à présent en œuvre une chasse aux sorcières contre les investisseurs immobiliers afin de tenter de maîtriser le monstre qu'ils ont eux-mêmes créé. L'expression qui vient à l'esprit est « ceux qui vivent dans des maisons en verre ne doivent pas jeter des pierres »...
L'ironie amère de cette situation est que le milieu naturel des spéculateurs, le marché des actions, a rapidement prévu ces mesures restrictives. Dès le mois d'août, le marché avait subi une forte correction.
Depuis lors, les prix ont encore un peu baissé en moyenne. La Chine relèvera-t-elle réellement ses taux après les mesures restrictives initiales ? Ceci attirerait des capitaux spéculatifs supplémentaires en prévision d'une réévaluation pratiquement inévitable de la monnaie. C'est un jeu d'attente, l'argent recherchera alors une autre opportunité.

L'or est la cible d'investissement actuelle des riches de la Chine
Vers quoi les riches Chinois se tournent-ils ? L'inflation est en augmentation et les dépôts ne rapportent pas plus de 2 %. Chassés de l'immobilier, ils peuvent choisir entre les actions et l'or. Pour l'instant, le marché des actions est à la baisse. C'est donc le prix de l'or qui a récemment atteint un nouveau pic.
Cela fait partie intégrante de l'économie la plus dynamique du monde : le feu est soit rouge, soit vert, il n'existe pas de situation intermédiaire.
Le temps est venu d'attendre que Pékin crie à nouveau « marche ». Observez simplement quand le marché arrive au plus bas, vous pouvez alors vous y attendre six mois plus tard.

 

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